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Interview de Michel Tolmer pour l’exposition : La Solitude du Buveur de Fond

Interview de Michel Tolmer pour l'exposition La Solitude du Buveur de Fond

Michel Tolmer expose actuellement au restaurant Le Rubis à Paris (du 10 au 23 Décembre 2014). Intitulé « La Solitude Du Buveur de Fond », cet accrochage mérite non seulement le détour mais c’est aussi une belle occasion pour en savoir un peu plus sur la relation qu’il entretien avec le monde des vins naturels. Vous êtes prêt ? On dit : INTERVIEW !

epaule-jete-michel-tolmer On trouve très peu d’information te concernant sur le web alors même que tu fais partie des gens qui ont largement contribué à faire connaitre le vin naturel au-delà de son périmètre initial. Je pense à l’affiche : « Épaulé Jeté » et bien évidement à toutes ces affiches et étiquettes et couvertures de livres que tu as réalisées. Est-ce que cette discrétion est voulue ?

Je n’avais jamais pensé à cette notion de discrétion, ça doit venir de ma nature, je préfère mettre en avant les images. Quand j’apprécie l’œuvre de quelqu’un, je ne cherche pas tellement à connaître les détails de sa vie.

Depuis quand es-tu passionné par le vin ? Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette rencontre avec ce liquide et surtout nous expliquer pourquoi le vin reste ton principal sujet d’expression (en tout cas pour le grand public) ? Dessines-tu autre chose ?

"La Solitude Du Buveur de Fond" de Michel Tolmer au Rubis - Paris

« La Solitude Du Buveur de Fond » de Michel Tolmer au Rubis – Paris

J’ai commencé par boire n’importe quoi, puis un peu moins et à chaque fois qu’il y avait un saut qualitatif, je le remarquais, ça me plaisait. Je me souviens, il y a très longtemps, d’être resté un quart d’heure en extase, le nez dans un verre de layon 1957. Il y a plein de rencontres avec des vins qui ont déclenché des émotions très fortes, j’emploie souvent l’analogie avec la musique.

C’est effectivement mon sujet principal, voire exclusif depuis 15-20 ans et j’ai toujours un peu de mal à l’expliquer. Apparemment, associer les deux passions du vin et de l’image me permet de m’exprimer mieux que sur tout autre sujet. C’est comme si d’avoir trouvé mon sujet me donnait la possibilité d’approfondir, de creuser de plus en plus dans les possibilités de l’image. Mais mon projet désormais est de trouver le moyen d’en sortir un peu, à travers le dessin d’humour, peut-être.

Slalom

« Apparemment, associer les deux passions du vin et de l’image me permet de m’exprimer mieux que sur tout autre sujet.»

Ton dessin va souvent à l’essentiel, en tirant vers le minimalisme, un peu à l’image des vignerons natures qui font du vin uniquement avec du raisin. Dans quelle mesure la façon dont ils travaillent a-t-elle influencée ta manière de peindre et de dessiner ?

J’ai toujours été attiré par l’expression graphique forte, celle des affichistes par exemple. Dans mes études d’arts graphiques, mes professeurs m’ont appris à construire des images fortes. Mais j’ai souvent une tendance à me perdre dans le détail contre laquelle je dois lutter pour atteindre la simplicité. Dans ce sens, oui, il y a un rapport avec le travail de ces vignerons qui vise à l’évidence. Quand on aime les vins naturels, on trouve souvent les autres un peu surchargés. Comme dans toutes les rencontres entre disciplines différentes, on est influencé, il y a des choses qu’on comprend mieux parce qu’elles s’appliquent d’abord à un autre domaine.

Tu bois du vin naturel de longue date et depuis 4 ans on constate une explosion de la popularité de ces vins. Crois-tu que ce phénomène est une mode ? Ou annonce-t-il un véritable changement de comportement des gens, une véritable prise de conscience ?

Le phénomène de mode existe, mais ce n’est pas ça qui est important. Les gens grâce à qui j’ai commencé à boire ces vins au début des années 90, François Morel, Bernard Pontonnier, Luc Desrousseaux, mettaient en avant l’idée que c’était une boisson, à l’inverse des vins trop sophistiqués. En quelques années, les jeunes, qui rejetaient le vin parce qu’il était trop compliqué à boire et à comprendre, l’ont adopté comme une boisson festive, évidente, moderne, à laquelle ils ont un accès direct. On constate depuis quelques années que la philosophie du vin naturel gagne en influence, même très au-delà de ceux qui s’en réclament. Les vins massifs, démonstratifs ne sont plus en vogue, on va vers une idée du vin beaucoup plus axée sur la buvabilité, la finesse, la délicatesse.

«On constate depuis quelques années que la philosophie du vin naturel gagne en influence, même très au-delà de ceux qui s’en réclament.»

Ta notoriété va bien au-delà de l’hexagone et le web regorge de tes peintures et de tes dessins. Tu es quelqu’un de réputé et ton travail est respecté : est-ce que celui-ci te permet de vivre correctement aujourd’hui ?

Oh là, je vais choper le melon ! Correctement est le mot. Mes travaux de commande pour des vignerons, des cavistes ou des restaurateurs restent de petits budgets, pas question de me prendre pour Philippe Starck !

Expo Le Rubis Michel Tolmer

Expo Le Rubis Michel Tolmer

A quoi peut-on s’attendre avec l’exposition intitulée « Buveur de fond » qui a lieu du 10 au 23 décembre au Rubis ? Quels ont été les axes ou les orientations qui pourraient résumer tes derniers travaux ?

Ce sont des petits formats, des peintures à l’huile sur papier avec pas mal de gags visuels qui détournent le vin vers le sport par exemple, comme dans l’affiche. Quelques-unes intègrent des mots, c’est une chose que j’aimerais développer à l’avenir.

« Je tiens beaucoup à cette idée que pour paraître vraie, la réalité doit passer par le filtre de l’imaginaire.»

Qui sont Mimi, Fifi & Glouglou ? Où peut-on les rencontrer ?

De purs êtres de fiction. Même s’ils sont nourris de choses vues, vécues ou entendues dans le monde réel, je tiens beaucoup à cette idée que pour paraître vraie, la réalité doit passer par le filtre de l’imaginaire.

MERCI Michel !


L’exposition :

Les dernières créations de l’artiste sont colorées, joyeuses et festives, c’est beau et poétique mais aussi sportif et humoristique. On ne peut que vous recommander de vous y rendre, sans oublier le restaurant Le Rubis où vous pourrez vous régaler de la très bonne cuisine et de l’excellente carte des vins. Que demander de plus ?

Le Rubis Restaurant

Le Rubis Restaurant

« La Solitude Du Buveur de Fond » exposition de Michel Tolmer au Rubis du 10 au 23 décembre 2014

Le Rubis
14 Rue Léopold Bellan, 75002 Paris, France
Téléphone :+33 9 84 39 42 49

Postambule :

On peut difficilement dissocier l’imagerie du vin naturel des créations de Michel Tolmer. D’ailleurs, c’est même quasiment impossible de ne pas tomber sur une affiche « Épaulé Jeté » chez un caviste ou un restaurant où l’on peut acheter des vins vivants. Lui seul pourrait faire une liste exhaustive de ses œuvres. En attendant, voici quelques liens, peintures, dessins et affiches qu’il a réalisés et que nous connaissons déjà dans la plupart des cas, sans forcément les associer à l’auteur :

Le blog de Michel Tolmer de Philippe Quesnot et Sylvie Augereau et leurs copains : www.glougueule.fr

Interview & rencontres :

Peintures et dessins :

On dit un grand merci à Michel pour son temps et son implication à répondre à nos questions.

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